Reporter-Photographe

Derrière les images

« Tes clients savent qu’ils te payent à faire du sport ? »

11/05/2022

Mes journées commencent souvent avec les reproches de collègues et néanmoins amis m’engueulant gentiment. En effet, lorsqu’ils m’appellent avant 10h du matin, je suis en pleine séance de sport et ils passent systématiquement leurs premières minutes à parler seuls le temps pour moi de reprendre mon souffle…

C’est donc, à 10 heures, sport fini, douchée et rassasiée par mon petit-déjeuner que ma journée de travail « normale » peut commencer. Avant cela, c’est sport. Ce qui me fait donc consacrer 2h par jour, 6 jours par semaine, à l’entretien de ma condition physique. Est-ce beaucoup ? Oui. Est-ce trop ? Non, assurément non.

Peu de gens s’imaginent justement ce que peut être mon métier de photographe d’action. En effet, c’est vrai sur le papier ça claque, et c’est également un travail que je n’échangerai pour rien au monde… Enfin, tant que j’aurai l’énergie pour le faire. Et la nuance est là : les aspects sympas de ce métier ne l’amputent pas de sa rudesse intrinsèque ! Si je veux photographier des hommes dans des conditions extrêmes, je dois les affronter moi aussi !

Certes, je bénéficie souvent de petits aménagements ou de facilités, j’ai souvent un équipement plus léger, je peux obtenir de l’aide pour passer certaines difficultés ou encore éviter des obstacles.

Cependant, de mon côté, je dois être capable :

– D’emporter mon matériel photo

– De penser aux cadres et aux réglages techniques de mon boîtier. Comme il s’agit de choix conscients et volontaires, cela m’oblige donc à être en permanence dans l’anticipation et l’observation de l’action.

– Et enfin, ce qui n’est pas la moindre des contraintes qui s’imposent à moi, je dois être capable de positionner mon appareil, et donc mon corps, là où je pourrai réaliser la photo que j’ai en tête ou celle « qui pourrait arriver ».

[Ref: 2421-06-3128]

EXIF | Credit: Sandra Chenu Godefroy | Appareil: Canon EOS 5D Mark III | Date: 03/06/2021 | ISO: 800 | Vitesse: 1/30s |

Il est donc absolument capital que mon cerveau reste assez oxygéné, peu importe l’effort en cours, pour être capable de réaliser cette part de réflexion qui me permettra de réaliser une vraie photo de photographe, décidée et choisie et pas « une belle photo par hasard une fois sur 100 au pif ».

Il est donc essentiel que mes jambes me portent avec mon matériel, me permettant de poser un genou à terre, ou les deux. Que ce soit pour un angle particulier sur l’action que je photographie, pour qu’elles me relèvent ou encore qu’elles me permettent d’être tantôt en avance ou tantôt en retard sur ceux que je souhaite immortaliser afin de varier les cadres.. Et oui, parfois, ça pique !

Alors vu ainsi, 12 heures par semaine à faire du cardio et du travail musculaire, c’est juste le minimum et ça n’est certainement pas du temps perdu !

* Mes clients sont parfaitement conscients que pour faire une belle photo de pompiers ELD dans un caisson fireflash, il faut avoir la caisse! Ils savent donc aussi qu’il est préférable de m’appeler après 10 heures du matin. 🙃

Je ne suis pas une nana intéressante !

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Sandra Chenu Godefroy, photographe indépendante

Sandra Chenu Godefroy

Photographe

Spécialisée dans les images de secours, défense, sécurité, et d’aéronautique. Fille sérieuse qui se prend pas au sérieux.

J’exploite honteusement Tigrou, mon assistant en peluche, et j’adore mon métier, même si c’est pas toujours facile !