Le pire ennemi des photographes…

Cet article est la seconde partie d’un bilan de mon passage au conseil d’administration de l’Union de Photographes Professionnels. Dans la première partie je faisais le point sur tous les dossiers sur lesquels j’avais eu l’occasion de travailler dans le cadre de mes fonctions, mais s’arrêter à cet inventaire serait incomplet.

Alors bien sûr tout n’est pas parfait

En 3 ans j’ai eu la tristesse de découvrir que l’UPP c’est aussi:

  • des CA à n’en plus finir pour le plaisir de certains d’enc*ler les mouches.
  • des mails par milliers de personnes désœuvrées préférant râler pour essayer d’obliger les autres à bosser plutôt que bosser eux-mêmes… #YaKaFoKon
  • des administrateurs tellement désœuvrés qu’ils se sont transformés en stalkers pistant la moindre de mes publications sur mes réseaux sociaux, allant jusqu’à déterrer des publications de plusieurs années d’ancienneté ! #CaLesOccupe
  • dernièrement le souhait du secrétaire général de ne pas apporter mes modifications pourtant présentées dans les temps au PV d’un CA précédent dans le seul but de décrédibiliser mes interventions, au mépris de nos règlements et de la plus élémentaire politesse…

Tout cela arrive dans un peu toutes les associations, et n’est pas si grave. Il en va de la défense des photographes professionnels, que ne ferait-on pas pour ce métier ?

Ce qui m’a le plus étonnée, et assurément, déçue ce fut de découvrir que oui, l’association était complice par son silence d’un sexisme et d’un anti-jeunisme rémanent de la part d’une toute petite poignée de ses membres (bien virils et moins jeunes, hein, les couilles de vieux mâles ça se montre et ça s’étale sinon ça n’a aucun intérêt).

Je garde en tête cet administrateur qui a terminé l’un de ses mails qui m’était adressé, en copie au CA par la mention "Enfin ma tres chère Sandra sache que c est une joie pour moi de te répondre allonger dans mon lit et sous la couette, alors je te souhaite une douce et belle nuit …de secrétaire Générale !" et le manque de réaction le plus total de mes 13 autres collègues administrateurs qui n’ont pas jugé bon de réagir jusqu’à ce que je leur signale que ce propos était proprement scandaleux.

Messieurs-dames, sous vos regards atterrés, la grande  classe d'un auteur journaliste et administrateur !

Messieurs-dames sous vos regards atterrés, la classe d’un auteur journaliste et administrateur ! Vous noterez que les fautes d’orthographe sont d’origine

Je n’oublie pas non plus ce jour où, alors secrétaire générale, j’ai appris qu’un délégué régional se revendiquant "défenseur des femmes" et faisant un projet photo sur les femmes cheffes dans des entreprises s’était servi de son statut de président de la région Ile-de-France pour demander à la stagiaire de l’UPP de poser pour lui. Je n’oublierai pas le regard gêné de notre jeune stagiaire me demandant si cela faisait partie de son contrat de stage. Je me rappelle avoir dans la foulée écrit à cette personne et au bureau qu’il était hors de question qu’il use de son statut de délégué régional pour faire ce type de demande aux salariées de l’association.

Oups...

Ce triste sire n’a jamais répondu à mon mail, pas plus qu’il ne s’est expliqué de cette proposition déplacée. Il a en revanche choisi d’envoyer 2 mails purement diffamatoires à mon endroit à une trentaine d’interlocuteurs, dont une large majorité qu’il ne connaissait même pas -ni moi non plus- dans lesquels il me qualifiait de "veuve noire" pour avoir osé lui rappeler que non, le corps des salariées de l’association ne lui appartenait pas. #PointBlackWidow

Quand au CA, quand il a été informé de ce dossier, les administrateurs (parmi lesquels une autre femme !) ont préféré statuer "qu’il n’y avait rien de mal à prendre en photo une stagiaire" et que certes le mail envoyé par ce délégué était diffamatoire, mais qu’il ne fallait pas en parler. Dont acte.#So2019 #ChangezRien

C’est tout de même marrant.
Fille de féministe, je ne me suis jamais sentie féministe moi-même, confrontée dès mon plus jeune âge aux limites d’un discours maternel souvent en total décalage avec les actes et la réalité de ma mère. J’ai photographié ensuite des unités souvent qualifiées de "macho" sans pour autant n’entendre rien d’autre que des blagues pas toujours fines, ni toujours drôles, et en me disant que décidément le machisme n’était pas si terrible que ça. Et c’est l’UPP qui m’aura rendue féministe, parce que défendre tous les photographes professionnels, c’est aussi permettre aux femmes photographes de s’exprimer, comme tous les autres photographes, n’en déplaise aux règles de préséance que les vieilles couilles aimeraient voir respecter !
Quand j’y repense, ça doit bien faire rire Laurie, ancienne salariée de l’association et féministe convaincue qui m’avait accueillie juste après mon élection en 2017 en me disant "ça tombe bien il faudrait faire un dossier sur les femmes photographes" et a qui j’avais répondu avec bienveillance qu’elle était tombé sur la mauvaise fille, puisque moi mon métier c’était photographe, et pas femme photographe…

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui !

Je tenais à remercier les personnes avec qui j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler, malgré nos désaccords, parfois.

Je pense d’abord à nos salariées et stagiaires: Sonia, Stéphanie, Lucie, Iona, Sofia, Pauline qui s’investissent bien au delà de leur petite rémunération.

Je pense aussi à ces administrateurs que j’ai vu fournir sans se décourager une masse de travail considérable, dans l’adversité le plus souvent, Philippe Bachelier -notre actuel président-, Matthieu Baudeau, Nedim Imre, Serge Deleu.

Et je pense surtout à tous ces autres adhérents, qui s’investissent, échangent, renseignent, aident… sans pour autant avoir besoin de mandat politique pour cela, ils sont les vraies forces vives de l’association et notre avenir collectif de photographes : Julien Hay, Patrick Djian, Pierre Morel, Yann Cainjo, Christophe Mazet, Philippe Roy, Leny Stora, Guillaume Souffrant, Emilie Lesvignes, Mina Kawashy, Cédrine Tresca, Gilles Galoyer, tous ceux que j’ai forcément oubliés et tous ceux qui les rejoindront…

Vous l’aurez compris: le pire ennemi des photographes c’est eux-mêmes.

Mais nul n’est irremplaçable et l’avenir nous appartient, je ne doute pas que les candidats au poste d’administrateur sauront continuer à faire avancer et évoluer l’association !

Quant à moi, je vais consacrer mon énergie à mon vrai métier, celui de faire des photos dans toutes sortes de conditions 😉
Photo: Eric Thirion

PS Spécial adhérents de l’UPP

Comme certains me demandent si j’ai "des idées pour le vote en AG" le 31 janvier, et que je me suis toujours exprimée en toute transparence, voici ce que je vous recommande :
ne votez pas pour les candidats qui étaient déjà administrateurs ces dernières années, faites rentrer de nouvelles têtes, jeunes ou vieilles, garçons ou filles, à notre conseil d’administration. L’UPP a besoin de toute l’énergie d’administrateurs "neufs" qui arriveront frais avec leurs idées et leur énergie, et c’est comme ça que se construit une association représentative de toute la diversité des photographes !