EXIF | Ouverture: ƒ/6.7 | Appareil photo: NIKON D700 | Prise de vue: 28/01/2010 | Copyright: Sandra Chenu Godefroy | Focale: 14mm | ISO: 100 | Vitesse d'obturation: 1/180s |


C’était mon dernier jour de présence auprès des pisteurs secouristes de Chamrousse et les maîtres-chien de toute l’Isère y avaient rendez-vous pour un exercice de recherche de victimes d’avalanche.

J’avais demandé à Tim et Patrick, les deux maîtres-chien de la station si il était possible d’être enterrée dans un des trous pour faire des photos de l’intérieur. Ma requête est acceptée sans difficultés, mais une fois la cache refermée, je commence à regretter cette brillante initiative… Je me concentre sur le coté positif des choses: d’une part, à l’abri du vent, il fait plus chaud qu’à l’extérieur, et d’autre part, il faut le reconnaitre, les trous sont assez spacieux comparés au maigre espace que les réelles avalanches laissent à leurs victimes…

Tandis que j’essaie d’éviter de penser, les réflexes de photographe reprennent le dessus, vérifier la propreté toute relative de mon optique (normal après avoir rampé dans la neige) et régler manuellement l’appareil pour la prise de vue. Dans la pénombre, je fais le pari que les conditions lumineuses à l’extérieur changeront peu, et à partir de l’exposition d’une photo prise quelques minutes plus tôt je choisis de rester à 100 iso (il y a de la lumière, et même si j’utilise un léger flash à l’ouverture la photo risque d’être contrastée ce que les faibles sensibilités ISO encaissent mieux) et de me mettre à F/6,7 pour avoir une profondeur de champ correcte à 14mm (pour palier une mise au point manuelle qui sera plus rapide que l’autofocus… mais sans doute plus lente que l’action), ce qui me laisse 1/180s en vitesse (suffisant pour figer un mouvement).

Ensuite, il faut attendre… écouter à défaut de pouvoir voir, entendre le bruit du chien qui gratte la neige frénétiquement jusqu’à passer au travers du mur de blocs superposés de l’entrée. Tout va très vite, aussitôt rentré le chien ressort. Encore trop peu de lumière à l’intérieur alors j’attends, le pelleteur dégage l’ouverture, je prends une photo pour vérifier l’exposition: elle est bonne. Je me couche au sol pour immortaliser le maître et son chien à travers l’ouverture. Dehors le vent est glacial et ça se voit aux traits durs de Stéphane et de Rex son chien… mais franchement, je crois n’avoir jamais été aussi contente de voir un CRS!

VOIR + Reportage photo sur les chiens d’avalanche